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Je devais avoir 16 ans, il
y a quelques lunes, lorsque Evelyne Janssen est venue chasser à
courre quelques jours chez mon grand père, dans les Landes
où sa famille avait quelques arpents de forêt. Elle
était belle, très gaie et excellente cavalière.
Je me souviens que mon grand-père trouvait que vu sa passion
pour la vénerie, elle aurait fait un parfait parti pour moi.
C'est vrai que tout bien pensé, il n'avait pas tort. M'enfin
!
Laissez moi vous conter nos retrouvailles, plus de 20 ans après,
qui m'ouvrirent les portes de la Belgique
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Deux ou trois vies après,
exposant à Chambord pour la première fois, je partageais
mon stand avec un grand veneur, ex maitre d'équipage, Pierre
Borionne, lorsqu'une charmante jeune femme vient le saluer. Pierre
commence à nous présenter, mais à l'instant
où nos regards se croisent, je reconnais Evelyne et nous
tombons dans les bras, l'un de l'autre. Découvrant mon jeune
talent, la charmante maitresse d'équipage du Rallye Vielsalm
m'invite à venir croquer sa meute.
C'est ainsi qu'un beau jour, profitant d'un déplacement de
l'équipage dans le nord de la France, j'ai retrouvé
nos amis belges en forêt de Saint Gobain. Il faisait très
beau ce jour là. La lumière de cette fin d'hiver était
tranchante et les couleurs éclatantes. Je me suis donc rendu
au "rapport", le rassemblement avant la chasse, mon appareil
de photo en bandouillère.
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En me promenant,
j'ai pris discrétement des photos de tous les membres de l'équipage.
Sur chacune de mes photos, les veneurs belges étaient hilares.
Cela faisait un ensemble chaleureux et gai, à l'image de ce
que j'avais perçu de chacun des membres de cet équipage.
Invité à revenir l'année suivante, j'ai transformé
ces photos en portraits et avec la permission de la maitresse d'équipage,
je les ai exposés aux murs du restaurant où avait lieu
le diner de chase. Nos amis belges ont tous adoré mes portraits
et j'ai du repeindre ceux qui montraient plusieurs personnages, car
chacune des personnes représentées voulait l'acquérir
pour elle-même.
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Seule exception,
le portrait de ce groupe de dos.
Quand j'ai vu ce groupe, ce sont les taches de couleur que j'ai voulu
photographier. J'ai su plus tard, que la photo était amusante
parce qu'elle rassemblait trois générations de la même
famille de veneurs. A gauche, la mère de la Maîtresse
d'équipage, au milieu, son cousin et son mari, et sa fille
à droite. Le groupe attendait au soleil le début du
rapport. C'est un portrait de famille
amusant et très inhabituel... amusant pour l'équipage
et la famille proche, pas pour un observateur extèrieur.
Un artiste a ses humeurs. Il peut aimer
d'amour certaines oeuvres jusqu'à refuser de les vendre, voire
même de les exposer, pour ne pas risquer de les perdre. A l'inverse,
il peut prendre en grippe une oeuvre parce qu'elle n'a pas été
assez aimée pour être achetée.
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C'était mon sentiment pour cette aquarelle,
lorsque le Président de la Société de Vénerie,
Philippe Dulac, est venu me voir à Saint Cloud, pour découvrir
l'artiste dans son atelier. Au salon, alors que nous prenions un verre,
il découvre le portrait de mon grand-père croqué
par Xavier de Porets.
"Mais que fait donc un portrait de Jean Cruse sur vos murs ?"
s'exclame t'il
Une fois révélé mon lien familial, il m'a raconté
avec beaucoup d'émotion, comment mon grand-père l'avait
somptueusement reçu dans la propriété familiale,
quand lui même n'était qu'un très jeune maitre
d'équipage. C'est donc beaucoup à l'hospitalité
de mon aïeul, que je dois ce merveilleux article, paru en mai
2000, sous la plume de Philippe Dulac dans le magazine "Vénerie".
C'est comme cela que cette petite
aquarelle sans grand interêt, qui ne pouvait amuser que ceux
qui s'y reconnaissaient, s'est retrouvée en couverture du
très chic "Vénerie". Elle n'a pas fait l'unanimité,
loin de là. J'ai entendu dire que beaucoup de lecteurs se
seraient plaints de son "modernisme".
"les chiens aboient et la caravane passe"
En bien ou en mal, il était
important qu'on commence à parler de moi... n'est ce pas
?
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Le tableau de chiens de vénerie
ci-contre, représentant la meute du "Piqu'avant Sologne"
a servi d'illustration a l'article paru dans "Vénerie",
pour parler de mes talents de peintre hyper-réaliste.
Cliquez sur le tableau pour le voir apparaitre en grand et en détail.
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A gauche, le premier chien peint pour Evelyne, qu'elle
a trouvé un peu trop hyper-réaliste... pour ma part,
j'en étais très fier.
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Les croquis ou dessins aux crayons qui m'ont
été commandés par la suite par des membres
du Rallye Vielsalm sont dans la galerie des dessins, que vous visiterez
peut être après. Sur ce passe-partout, réalisé
pour Régine T., les sonneurs reconnaitront la partition de
la fanfare de l'équipage....
"Les
sonneurs ayant des yeux d'une acuité extra-ordinaire",
me fait on remarquer en coulisse... je vous le concède volontiers...
comme je ne sais plus lire une partition de musique, je n'ai même
pas essayé... et vous ?
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